Les 5 signes à repérer

1

Le net à payer ne correspond pas au net imposable

Sur un bulletin de salaire authentique, le net imposable est toujours supérieur au net à payer après déduction des cotisations salariales. Si les deux chiffres sont identiques ou si la différence semble arbitraire, c'est un signal fort de falsification. Vérifiez aussi que le brut annuel déclaré correspond au cumulé figurant en bas de fiche.

2

Les cotisations sociales semblent inventées

Un bulletin authentique comporte des lignes de cotisations précises (assurance maladie, retraite complémentaire, chômage…) dont les taux sont fixés par la loi. Les falsificateurs remplacent souvent ces lignes par une seule ligne générique ou des montants ronds. En 2026, la cotisation d'assurance maladie salariale est de 0 % pour les salaires inférieurs à 2,5 SMIC — une fiche qui affiche un taux différent est suspecte.

3

Le numéro SIRET de l'employeur est inexistant ou incohérent

Chaque bulletin de salaire doit mentionner le numéro SIRET (14 chiffres) de l'établissement employeur. Vérifiez-le gratuitement sur recherche-entreprises.api.gouv.fr : l'entreprise doit exister, être active, et son secteur d'activité doit correspondre à l'emploi déclaré. Un SIRET inexistant ou appartenant à une entreprise radiée est un signal évident.

4

La mise en page ou la typographie est inhabituelle

Les logiciels de paie professionnels (Sage, Silae, ADP…) produisent des bulletins avec une mise en page cohérente et des polices uniformes. Méfiez-vous des espaces irréguliers, des chiffres mal alignés, d'une police différente sur certaines lignes, ou d'un logo d'entreprise pixelisé. Ces artefacts trahissent une modification dans un éditeur PDF ou une retouche sous Photoshop.

5

L'ancienneté ou les dates sont incohérentes

Le bulletin de salaire indique la date d'entrée dans l'entreprise. Comparez-la avec le contrat de travail et la carte Vitale. Une personne déclarant 5 ans d'ancienneté mais dont les premiers bulletins fournis datent de 6 mois devrait s'expliquer. De même, un bulletin daté d'un mois où l'entreprise n'existait pas encore est une contradiction factuelle vérifiable.

« Plus d'un dossier de location sur cinq contiendrait au moins un document falsifié — et le bulletin de salaire est la cible de loin la plus courante. »

Ce que vous pouvez vérifier vous-même

Au-delà de ces cinq signes visuels, plusieurs vérifications sont accessibles à tout propriétaire :

💡

Bon réflexe : demandez systématiquement les 3 derniers bulletins (et non un seul). Un falsificateur qui ne modifie qu'un bulletin crée des incohérences de cumul facilement détectables.

Pourquoi ces vérifications manuelles ne suffisent pas

Les falsifications modernes sont de plus en plus sophistiquées. Un PDF retouché avec Adobe Acrobat Pro peut paraître parfaitement authentique à l'œil nu, avec des polices identiques et des cotisations cohérentes.

C'est là qu'intervient l'analyse technique : la détection ELA (Error Level Analysis) identifie les zones d'un document qui ont été compressées à un niveau différent du reste — ce qui indique une modification numérique. Cette technique, utilisée en criminalistique, est systématiquement appliquée par LocaRank sur chaque document uploadé.